Morocco: El Haqed’s hearing postponed

On 5 June 2014, Mouad Belghouate, the Moroccan rapper known as El Haqed or Lhaqed, passed by the trial court of Ain Sebaa in Casablanca, Morocco, for the third time since his arrest on 18 May 2014. Freemuse attended the hearing.



By Dounia Benslimane, reporting from Casablanca


At the entrance of the building, plain clothes agents and policemen filter the passing inwards. Many militants or activists who came to support the artist, are prevented from entering the court. “Myself I was stuck in the door, and I’m a journalist!”, says this young man denouncing the violation of the right to information.

According to Mr Messoudi, lawyer of the rapper, “Mouad keeps good spirit and he is doing well.”

However, while everyone was waiting for the decision of the judge who was to rule on the request for Mouad’s provisional release submitted by his lawyers, Mr Messoudi said he was not that confident about the decision to be taken by the court.

Indeed, the artist’s lawyers have asked the court again for releasing Mouad who is appearing since his arrest in state of custod. They recalled that El Haqed had all the necessary guarantees and he would appear in court on any date to be fixed for future hearing, noting that the artist has chosen to stay in Morocco after his first sentence even that it was proposed to him to settle in other countries, in better conditions.


A political trial
Relying on recommendations of international conventions on universal human rights but also the right of the accused to a fair trial and a judgment as soon as possible, and recalling the history of Mouad with the law and ‘frame-ups’ which he was subjected to, the arguments of defense lawyers denounce a political trial.

“Mouad is arrested and tried for his political views and for his commitment and for its popularity, and not for what he is accused of.”

As a reminder, El Haqed is prosecuted for illegal ticket sales, in state of inebriation and violence against a representative of the order.

This person had also submitted a medical certificate of permanent physical disability of 30 days. At the hearing that day a lawyer was there to represent him as a civil party.

Finally, the court delivered its verdict in the late afternoon: postponement of the hearing to Tuesday 10 June 2014. Mouad will not be released in the meantime and will appear again in state of custody. His lawyers are preparing for this next hearing and seek to dismantle all incriminating folder.

“We will show all the legal errors that have been made in this case and ask that Mouad be released,” said Mr Messoudi.


Political context
EL Haqed’s trial takes place in a particular political context in Morocco. On the one hand, prison sentences against 11 young 20th February movement activists for protesting on 6 April. Another rapper, Caprice, was arrested and released after three days, as well as the president of the association Hip Hop Family, who came to support these young activists.

On the other hand, reports from international organisations for human rights and freedom of expression places Morocco at the lower of their rankings. Furthermore, “while the president of the National Council of Human Rights is preparing to present, for the first time, a report on the situation of human rights in the Moroccan parliament, El Haqed is stopped for his political views,” insists one of the lawyers of the artist.

Pending on 10 June, the committee for the support of political prisoners, as well as young activists and organisations of human rights in Morocco, continue to support Mouad. When leaving the court of Ain Sebaa, dozens of people were protesting and demanding the release of all prisoners of opionion in Morocco.


» Campaign demanding for the release of El Haqed:  freel7a9ed.wordpress.com

» Freemuse condemns arrest of Morocco’s ‘musical reporter’

» More about El Haqed on freemuse.org



See also:

Medias 24 – 6 June 2014:
Reportage. Devant un tribunal inaccessible

 
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Lhaqed : report de l’audience au mardi 10 juin

Dounia Benslimane représentant Freemuse a visité le tribunal. Elle rapporte:

Casablanca le 5 Juin 2014

Aujourd’hui, Mouad Belghouate, le rappeur marocain connu sous le nom de Lhaqed, passait devant le tribunal de première instance d’Ain Sebaa (Casablanca, Maroc), pour la troisième fois depuis son arrestation le 18 mai dernier.

A l’entrée du bâtiment, des agents en civil et des policiers filtrent le passage vers l’intérieur. De nombreux militants ou activistes qui sont venus soutenir l’artiste, sont empêchés de pénétrer dans le tribunal. « Moi-même j’ai été bloqué à la porte, alors que je suis journaliste ! » déclare ce jeune qui dénonce l’atteinte au droit à l’information.

Selon Me Messoudi, avocat du rappeur, « Mouad garde le moral et il se porte bien ». Cependant, alors que tout le monde attendait la décision du juge qui devait statuer sur la demande de libération provisoire de Mouad, soumise par ses avocats, Me Messoudi s’est dit peu confiant quant à la décision qui serait prise par la cour.

En effet, les avocats de l’artiste, qui comparaît depuis son arrestation, en état de détention préventive, ont à nouveau demandé à la cour, la libération provisoire de Mouad. Ils ont rappelé que Lhaqed disposait de toutes les garanties nécessaires et qu’il se présenterait devant la justice à la date qui sera fixée pour les futures audience, rappelant que l’artiste a choisi de rester au Maroc après sa première peine alors même qu’il lui avait été proposé de s’installer dans d’autres pays, dans de meilleures conditions.

Invoquant les recommandations des conventions internationales sur les droits humains universels mais également sur le droit de l’accusé à un procès juste et à un jugement rendu dans les meilleurs délais, et rappelant l’historique de Mouad avec la justice et les « coups montés » dont il a été victime, les plaidoiries des avocats de la défense dénoncent un procès politique. «Mouad est arrêté et jugé pour ses opinions politiques et pour son engagement ainsi que pour sa popularité, et non pas pour ce dont on l’accuse».

Pour rappel, Lhaqed est poursuivi pour vente illégale de tickets, état d’ébriété et violence à l’encontre d’un représentant de l’ordre.

Ce dernier avait d’ailleurs déposé un certificat médical d’incapacité physique permanente de 30 jours. Lors de l’audience de ce jour, un avocat était là pour le représenter en tant que partie civile.

Finalement, le juge a rendu son verdict en fin d’après-midi : report de l’audience au mardi 10 juin 2014. Mouad ne sera pas libéré entre temps et comparaîtra à nouveau en état de détention préventive. Ses avocats se préparent à cette prochaine audience et chercheront à démonter l’ensemble des éléments à charge du dossier. « Nous démontrerons toutes les erreurs juridiques que comportent ce dossier et demanderons que Mouad soit libéré», déclare Me Messoudi.

Le procès de Lhaqed se déroule dans un contexte politique particulier au Maroc. D’une part, des sentences d’emprisonnement viennent d’être prononcées à l’encontre des 11 jeunes détenus du mouvement du 20 février pour avoir manifesté le 6 avril dernier. Un autre rappeur, Caprice, a été arrêté et relâché après 3 jours ainsi que le président de l’association Hip Hop Family, venu en soutien aux jeunes activistes.

D’autre part, les rapports des organisations internationales des droits de l’Homme et de la liberté d’expression placent le Maroc au plus bas de leurs classements. De plus, « alors que le président du Conseil National des Droits de l’Homme s’apprête à présenter, pour la 1ère fois, son rapport sur la situation des droits humains devant le parlement marocain, Lhaqed est arrêté pour ses opinions politiques », martèle une des avocates de l’artiste.

En attendant le 10 juin, le comité de soutien aux détenus politiques, ainsi que des jeunes activistes et des organisations des droits de l’Homme au Maroc, continuent de soutenir Mouad. A la sortie du tribunal d’Ain Sebaa, ils étaient quelques dizaines à demander la libération de tous les prisonniers d’opinion au Maroc.

» Une pétition circule depuis peu sur le net : freel7a9ed.wordpress.com

Medias 24 – 6 June 2014:
Reportage. Devant un tribunal inaccessible